Ma rencontre avec le prix Nobel de la paix 2018 : Denis Mukwege

By décembre 23, 2019 Mes Rencontres

En fin 2017, j’ai été l’invité par l’Union Européene à Bruxelles à une réunion pour repenser les relations Afrique/Europe. Nous étions 20 personnalités dont Mo Ibrahim, Issad Rebrab (mon voisin de table) ou encore Vera Songwe. C’est ce jour que j’ai rencontré « l’homme qui répare les femmes ». Il s’agit de Denis Mukwege, gynécologue et obstétricien au dévouement inlassable. Durant toute la réunion, j’étais calme, j’écoutais, je donnais mon avis à ses aînés. J’aurai l’occasion de vous parler prochainement de ce rendez-vous. J’ai donc attendu, patiemment, le diner du soir, pour aller lui dire toute mon admiration pour son combat.

Je voulais surtout lui dire un mot : MERCI. Merci pour son travail qui est un exemple extraordinaire de ce que le courage, la ténacité, la foi et l’espoir permettent d’accomplir en des temps où ces valeurs semblent les plus ignorées. C’était un rappel pour moi aussi !

Depuis vingt ans (1999), Denis Mukwege soigne les victimes de violences sexuelles dans son hôpital de Panzi, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), région déchirée par la guerre du Kivu depuis 1995. En deux décennies, l’établissement a traité plus de 50 000 femmes, enfants et même nourrissons, aux corps meurtris. Si vous avez l’occasion, je vous invite à regarder “L’homme qui répare les femmes” réalisé par le documentariste belge Thierry Michel à partir d’un livre-entretien de Colette Braeckman en 2015. Tout y est, de quoi découvrir l’homme, son parcours et comprendre aussi ce qui l’anime. Ce qu’il dit de sa vocation au service des victimes  «Leurs corps blessés, leurs cœurs brisés, leurs esprits détruits, ont besoin d’être guéris, consolés, restaurés.»

À son tour, il m’a envoyé beaucoup de force comme vous pouvez l’écouter ICI.

Je profite pour vous inviter à lire un article du Monde sur Les cinq phrases à retenir du discours de Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018.

Le début du fameux article : Denis Mukwege a commencé son allocution en racontant l’attaque menée par des rebelles, le 6 octobre 1996, dans son hôpital de Lemera, où trente personnes ont été abattues dans leur lit à bout portant, et le personnel tué de sang-froid. « Ce n’était qu’un début », explique le médecin en balayant la salle du regard. En 1999, à l’hôpital de Panzi à Bukavu, sa première patiente avait reçu un coup de feu dans les organes génitaux. La seconde était une fillette, violée à l’âge de 18 mois.

« C’est notre réalité aujourd’hui en RDC, affirme-t-il devant l’assemblée. Des bébés, des mamans, des grands-mères et même des garçons sont violés de façon cruelle, en public. On leur insère parfois du plastic brûlant ou des objets contendants dans les parties génitales… Le peuple congolais est humilié, maltraité depuis plus de deux décennies. » Dans l’est de la RDC, sévissent encore plus de soixante-dix groupes armés. Le gynécologue a toutefois choisi de dédier son prix à toutes les victimes de violences sexuelles dans le monde.

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