Aïcha Bah Diallo, une femme d’exception

By décembre 23, 2019 Mes Rencontres

Aujourd’hui, je souhaite vous présenter Aïcha Bah Diallo, une femme infatigable,  incroyable et insatiable de 77 ans. Elle a consacré sa vie à promouvoir l’éducation des filles. Encore aujourd’hui, après plus de trente ans d’engagement, l’ancienne ministre guinéenne de l’éducation continue de se battre au quotidien en parcourant la planète. Elle est consultante internationale pour le Comité de liaison de l’UNESCO sur l’éducation des filles en Afrique. Elle est née en 1942 à Kouroussa, elle confie que, dès son enfance, ses parents l’ont sans cesse poussée à s’affirmer : « J’étais la seule fille née après 3 garçons, et mes parents me disaient : tu dois être bonne à l’école, pas la deuxième, mais toujours la première, parce que nous savons que tu peux le faire »

La première fois que j’ai rencontré Mme Bah Diallo, c’était lors d’un évènement du Monde en 2015 à Paris. J’avais été inspirée par le leadership de cette femme. En 1989, elle est nommée Ministre de l’éducation, et reste à ce poste jusqu’en 1996. Durant cette période, le nombre de filles inscrites dans les écoles de la Guinée double, passant de 113 000 à 233.0002. En 1992, elle contribue à la création du Forum for African Women Educationalists (FAWE). Depuis quelques années, je me demande comment je peux mieux impacter le quotidien des jeunes filles camerounais afin qu’elles ne doutent plus de leur potentiel et de leur capacité à changer le monde. Sans me mettre de pression, j’aime bien chercher des personnes qui ont “paved the way for US”.

Après son rôle en tant que Ministre, de 1996 à 2005, elle a animé les politiques de l’éducation au sein de l’UNESCO, elle a contribué à mettre en place l’Association pour le Renforcement de l’Enseignement Supérieur pour les Femmes en Afrique (ASHEWA) avant d’être nommée conseillère spéciale du Directeur Général de l’UNESCO pour l’Afrique, un poste qu’elle a occupé jusqu’en 2009. Aujourd’hui, Aïcha Bah Diallo siège au Comité de Liaison des ONG, en partenariat avec l’UNESCO. Elle est également membre du Comité pour le prix de la Bonne Gouvernance et du Leadership en Afrique de la Fondation Mo Ibrahim dont elle est aussi porte-parole.

En juin dernier, elle a donné une interview à TV5 Monde, une belle occasion de découvrir la personne qu’elle est.

 

Terriennes : quelle petite-fille étiez-vous ?

Aïcha Bah Diallo : Espiègle ! Très espiègle même (rires) ! Je suis née après trois garçons, et comme j’étais une enfant qui avait été désirée, je pouvais faire ce que je voulais, les parents l’acceptaient. Ils me disaient : “Nous savons que tu es intelligente (même si je ne le suis pas !) donc si tu décides que tu dois être la première, tu seras la première. C’est une façon de mettre l’enfant en confiance. Ce n’était pas une pression pour moi ! J’étais libre de faire ce que je souhaitais.

Vous représentez un modèle pour les petites filles d’aujourd’hui, vous-même quel modèle vous a inspiré ?

Ma mère était mon modèle, elle savait tout faire. Elle m’a appris à faire la cuisine, à filer le coton, à teindre les habits, à préparer le savon. Je le faisais avec bon coeur. Mais j’ai l’impression qu’elle avait réalisé dès le départ que j’étais un enfant qui avait besoin d’être occupé tout le temps. On chantait tout le temps. Je lui dois beaucoup.

Quel a été le facteur déclencheur de votre engagement pour l’éducation des filles ?

Cela remonte au lycée, j’étais en seconde. Une de mes camarades, très brillante, est tombée enceinte, elle a aussitôt été exclue de l’établissement. Cela m’a beaucoup choqué. Ce jour-là, j’ai dit à mes camarades de l’époque : “Le jour où je serai ministre, cela n’arrivera plus !”. Tout le monde a ri. Une fois ministre d’ailleurs, je les ai contacté, et leur ait demandé “alors maintenant on fait quoi pour arrêter ça ?”. Il m’a fallu deux ans pour mettre en place une campagne de sensibilisation des parents, et des enseignants, pour leur expliquer que si une jeune fille tombe enceinte ce n’est pas de sa faute, c’est parce qu’on ne lui a pas expliqué ce qu’il fallait faire pour se protéger. Il faut qu’on assume cette responsabilité collective.

Je vous invite à lire cette interview sur TV5 Monde qui présente tellement bien le personnage.

Crédit photo :  Brussels, Belgium – High-level meeting of Friends of Europe. © Jan Van de Vel/ BR&U

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