Notes #2 : A toi mon frère camerounais…

By octobre 24, 2019 novembre 20th, 2019 Histoires, Mon Journal

Il y a quelques jours, je me suis réveillée en pensant aux hommes, ceux de mon pays, le Cameroun et j’ai écrit quelques mots que je souhaite vous partager. Je suis une grande adepte de l’application “notes” de l’iphone. j’écris tout le temps des petites choses et des fois, je me dis qu’il est bon de les partager. 

Je me suis levée ce matin, en me demandant comment font mes frères, pas ceux sortis du ventre de maman mais tous ceux que je croise. Comment arrivent-ils à vivre dans notre société ? Tout ce que nous avons appris c’est de les traire comme des vaches.  Chez nous, la masculinité semble être sous l’emprise du devoir, nos hommes DOIVENT être forts, travailler dur, assurer à la maison, au travail, en famille, au lit. Nous vivons dans la culture du “Il doit, tu dois”. L’homme camerounais doit tellement assurer, même l’inexplicable. Mon amoureux parle de la véritable erreur du matérialisme/rationalisme.

C’est à dire que les hommes ont selon leur mérite. Tu es jeune ? Tu veux réussir ? Alors bosse, soit le meilleur employé, soit ci, soit ça pour avoir X. Comme nous le savons tous, travailler plus ne permet pas toujours d’avoir le job de nos rêves bien au contraire, on finit souvent épuisé, avec des arrêts de travail en mode “burn out”. On ne mérité pas toujours ce qu’on a. Souvent, c’est une grâce au très haut et il ne faut pas hésiter à passer le flambeau et rendre grâce.

J’avais commencé à écrire un documentaire “ce qui se cache derriere nos portes” en clin d’oeil à #MeToo lors d’un séjour à Bandjoun en 2017.  Le projet a avorté avant même de commencer car derriere nos portes, j’ai entendu beaucoup d’histoires et je n’étais pas prête pour tout ce que ces portes avaient à m’offrir. Et puis, choisir était compliqué pour moi. Pour revenir à mon propos, j’ai compris aussi que dans notre société, la violence dans les couples, les familles, étaient une colère d’anticipation et une manière pour ces hommes de se protéger ? Tu es un jeune papa, tu veux une maison, on te dit lève toi, va travailler…

A toi mon frère Camerounais

Est ce que je souhaite rendre la violence plus acceptable ? La réponse est NON! Je profite par la même occasion pour glisser quelques chiffres (via Fundacion Recover) :

– 55% des femmes (de 15-50 ans) ont déjà subi différentes formes de violence au-moins depuis l’âge de 15 ans,
– 20% des femmes ont été forcées d’avoir leur premier rapport sexuel,
– 14% des femmes ont déclaré avoir subis des violences pendant qu’elles étaient enceintes
– 29 % des femmes déclarent avoir été victimes d’actes de violences sexuelles à n’importe quel moment de leur vie
– Dans le couple : 45% des femmes ont subis des violences physiques, 20% des violences sexuelles et 42% des violences morales…

Ce post n’a pas vocation à apporter des réponses. C’est peut être le début d’une reflexion qui aboutira dans les prochains mois mais en attendant, je dis à mes frères de respirer, d’avoir confiance en eux, de savoir être humble, de ne jamais hésiter à s’éloigner d’un égo mal placé. Je vous dis aussi de ne pas hésiter à consulter un psychologue pour soigner tous vos petits bobos d’enfant à adulte et que rien n’est statique. Et pour finir, je rajouterai que vous devez comprendre et accepter que vous ne pouvez pas tout contrôler pour exister dans la liberté.

 

Voilà ma note du jour.

 

Xoxo.

 

D.A

5 Commentaires

  • Bikoutt dit :

    Merci pour ce clein d oeil.
    Il est difficile, voir même impossible de se défaire d’une éducation innée. Ton FRÈRE est né dans cette tradition de l’homme , et c est bien dans celle là qu’il partira à coup certain. Ne dit on pas que l’habitude est notre seconde nature!? Ton FRÈRE fera tout ce qui lui est possible afin que son honneur soit sauf, il fera tout pour que sa famille soit heureuse, et il se tuera à la tâche si la garantie de voir sa progéniture à l abrit du besoin lui est assurée. Ton FRÈRE ne considère pas ce costume comme un fardeau, mais bien comme une occasion en OR MASSIF, de pouvoir se rapprocher de ce qu’étaient nos ANCÊTRES.
    La notion de pouvoir tout contrôler, lui est totalement étrangère, cependant ton FRÈRE ne cessera pas pour autant d’essayer de se l’approprier; car il a bien compris les mystéres de l’existance, mais sa liberté, quand a elle se résume dans le faite même de rester l’homme CAMEROUNAIS qu’il a toujours été.

    • Voodart dit :

      Très interessant votre retour. Selon vous, c’est quoi être un homme aujourd’hui ? Ou un homme Camerounais ?
      Que savons-nous de nos ancêtres ? Je doute que la place de l’homme était si centrale lorsque l’on sait que nos sociétés étaient matrimoniales.
      Au plaisir de vous lire…

  • Christelle dit :

    Après lecture de votre article on se demande toujours quel est le but? Veuillez m’excuser mais je trouve cela un peu tiré par les cheveux. Donc selon vous les hommes camerounais subissent trop de pression ?pourtant nous vivons dans une société totalement machiste et vous arrivez quand même à les plaindre?”tu es un papa tu veux une maison on te dit lève toi va travailler ” vous aurez souhaité quoi ? Qu’on leur offre des maisons ? Dans quel monde ça se passe ainsi? J’ai même eu du mal à terminer tellement les idées sont décousues vous arrivez même à justifier la violence(Bravo). Pourtant les femmes sont le plus à plaindre dans cette société avec toute la pression qu’elles portent,si vous vous penchez sur le sujet vous aurez beaucoup à dire c’est sûr. Ça se trouve vous êtes à un moment de votre vie où vous souhaitez vous marier hein et du coup il faut flatter les égos des concernés donc je ne vous en tiendrai pas rigueur lol.

    • Voodart dit :

      Merci Christelle pour votre commentaire. Je suis de ces personnes dont le mariage n’est pas une fin en soi. J’ai tellement de rêves et projets
      à réaliser que le mariage n’est pas synonyme de pression etc. Vous avez lu mon article comme moi, je ne dénie pas ce que les femmes vivent, je le rappelle
      d’ailleurs dans mon article en ajoutant un peu de data. J’essaie toujours de prendre du recul et d’observer le monde dans lequel je vis. Une note peut être
      prise sous plusieurs angles. J’aimerai bien lire un article de vous sur tous les sujets que vous soulevez. Excellent week-end.

  • Aicha dit :

    Votre article me laisse dubitative.les hommes camerounais sont sous pression mais qui ne l est pas? Je ne vais pas entrer dans le cliché hommes versus femme je dit juste dans la vie qui n’est pas sous pression? Ou du moins pour qui est ce que tout acquis n’est pas précédé par un travaille acharné ? Oui pour avoir une maison faut se lever et bosser pour avoir un boulot idem .pour avoir une famille ( si c’est ce que l’on souhaite) il t’a du boulot a faire des concessions a réalisée.meme quand la société était matriarcale selon vos dire, tout devais toujours se mériter a la sueur du fond et pour tous les sexes. Moi j’affirme que oui un homme camerounais Dois .nous Devons tous.c est la rançon de l’existence.sauf alors a aller vivre dans une grotte toit seul .tout dépend de ce que l’on souhaite.si le modèle traditionnel de vie ( boulot famille …etc)ne convient pas Soit.la il ne doit rien en effet.vous parlez de matérialisme sans suffisamment creuser la question? De quel matérialisme s’agit t’il? Celui du ” farote” ou alors celui de se battre pour mettre un toit sur la tête de sa famille? Dans l’un ou l’autre des cas c’est une question de choix…tout choix entraîne un devoir…

Laisser une réponse