Ma rencontre avec James Barnor, l’un des plus grands photographes du continent

By octobre 24, 2019 novembre 11th, 2019 ART, Artistes

C’était il y a environ bientôt deux années à Bamako, au Mali lors de la 11e biennale des Rencontres de Bamako. Sa galerie, Clementine de la Feronniere,  présentait une rétrospective de son travail : “La vie selon James Barnor”. Je profite pour vous annoncer que j’y serai pour la 12ème édition en fin novembre. J’ai méga hâte !!!

Who is James Barnor (Via sa galerie) ?

Né en 1929 à Accra, James Barnor est considéré comme un pionnier de la photographie ghanéenne. Au fil de sa carrière, qui couvre une période historique fascinante, Barnor lie continents et genres photographiques pour composer une narration transatlantique, portée par l’amour qu’il voue aux hommes et à leur culture. Ses portraits témoignent d’une société en transition, le Ghana marchant vers l’indépendance et Londres devenant une métropole cosmopolite et multiculturelle.

À l’instar de ses contemporains des autres pays d’Afrique – Seydou Keïta au Mali, Van Leo en Égypte ou Rashid Mahdi au Soudan –, il ouvre un studio fréquenté par une clientèle diverse qui témoigne des différents aspects de la société. Au début des années 1950, dans son studio, baptisé « Ever Young » et situé dans le quartier de Jamestown à Accra, sont immortalisés fonctionnaires et dignitaires, étudiants en yoga et professeurs d’université, saltimbanques et jeunes mariés. Barnor maîtrise l’art de mettre ses clients à l’aise : grâce à des conversations animées sur fond de musique populaire se crée un lien unique entre le photographe et le sujet.

Pendant cette période, Barnor capture également l’intimité d’événements clés et de figures politiques ; il photographie notamment, lors de quelques occasions spéciales, le Premier ministre du Ghana Kwame Nkrumah, fervent défenseur de l’unité panafricaine. Non seulement il est le premier photojournaliste à collaborer avec le Daily Graphic, quotidien publié au Ghana par le London Daily Mirror Group, mais il travaille aussi régulièrement pour le magazine Drum (influent journal d’actualités et de mode, anti-apartheid, fondé en Afrique du Sud et distribué internationalement), pour lequel il assure la couverture de sujets, photographiant par exemple une scène de petit déjeuner familial qui présente le boxeur Roy Ankrah, dit « the Black Flash », champion de la Côte-de-l’Or.

 

En 1959, deux ans après la prise d’indépendance du Ghana, l’un des premiers pays subsahariens à quitter l’Empire britannique, Barnor part pour Londres, en passe de devenir une capitale multiculturelle, afin d’approfondir sa connaissance de la photographie. Il y découvre le processus de la couleur, suit des cours pendant deux ans au Medway College of Art, en continuant à travailler pour Drum ; plusieurs de ses images sont alors publiées en couverture.
Durant les années 1960, il saisit avec éloquence l’air du temps du Swinging London et les expériences de la diaspora africaine dans la métropole. Entre autres, il immortalise Mohamed Ali quelques minutes avant son combat contre Brian London, à Earls Court, et le journaliste de la BBC Mike Eghan, à Piccadilly Circus.
Ces années sont aussi marquées par sa rencontre avec plusieurs mannequins en devenir et modèles de couverture de Drum, qui, après les séances, posent pour lui dans les quartiers emblématiques de Londres, délivrant des images de mode iconiques à la croisée des différences culturelles.

Vers la fin des années 1960, il est recruté et formé par Agfa-Gevaert. En 1969, il rentre au Ghana pour fonder le premier laboratoire couleur du pays et le studio X23 à Accra. Il y restera les vingt années suivantes, travaillant comme photographe indépendant ou au service de quelques agences d’État à Accra.

James Barnor est aujourd’hui retraité et vit à Brentford, au Royaume-Uni.

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