ICI CAMEROUN

By mai 21, 2019 Mon Journal

Rédactrice en chef invitée du magazine ICI Cameroun

Diane Audrey Ngako

En début 2018, Etienne Biloa, directeur de la publication du magazine « ICI CAMEROUN » m’a proposé d’être sa rédactrice en chef invitée. Dès le début, j’ai su que je souhaitais célébrer les femmes de mon entourage proche ou lointain qui font les choses. Avec le temps, je comprends l’importance de partager son admiration vis à vis des personnes qui nous inspirent. Nous vivons dans une société, encore plus sur le continent où les femmes passent plus de temps à se comparer, se détester que construire ensemble. Ce projet était l’occasion pour moi de ne pas rentrer dans cette vibe. En s’encourageant, on se donne aussi la force de faire plus de choses. Sky is not even the limit. Et puis vous connaissez toutes cette phase : « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. »

Je connais aussi la solitude de l’entrepreneur encore plus celle de la femme qui entreprend. Lorsqu’on décide de créer sa boîte, on a tendance à penser qu’on doit tout faire seul, que nos épaules sont assez solides pour tout super et que c’est ainsi qu’on réussira à atteindre nos objectifs. C’est ainsi que la solitude s’installe. On ne la voit pas venir tellement nous avons trop de choses à gérer et un jour elle nous rattrape. C’est pour cette raison qu’il est important d’être bien entourée et d’être dans une dynamique équilibrée.

ICI Cameroun (anciennement iCi Les Gens du Cameroun)  est un média qui existe depuis plus d’une décennie. Il était porté par la grande journaliste Marie Roger Biloa dont le fils, Etienne a repris le flambeau. Leur mission ? : révéler les Camerounais à travers le monde, célèbres ou méconnus, dans la tradition ou à l’avant-garde, artistes ou chefs d’entreprise, politiciens ou journalistes, rois de la finance ou reines de la nuit…

ICI Cameroun scrute la scène camerounaise et reflète son rayonnement, ses styles et ses défis, raconte ses grandes et petites histoires ; déniche talents et agitateurs, zoome sur les figures d’aujourd’hui. Au fil des pages surgissent des personnages authentiques, au milieu de reportages photos pénétrant en exclusivité dans l’intimité des gens qui font rêver, fascinent ou nourrissent l’inspiration. ICI Cameroun, est aussi une fenêtre ouverte sur un monde toujours plus connecté.

Je profite pour vous partager l’édito que j’avais écrit en hommage à ma super maman.

Nous étions au début des années 2000 quand ma mère, Léocadie Logmo Ducrot a décidé de prendre sa vie en main et de sortir d’une relation avec mon père qui ne la convenait plus. J’adore mon père, je parle souvent beaucoup de lui mais je ne me suis jamais arrêtée pour dire à ma mère combien j’étais fière d’elle. Ma mère est belle, entière, digne enfant du pays bassa et dernière d’une fratrie de 11 enfants. Il y a environ une trentaine d’années, ma mère se rêvait mannequin du haut de son mètre 73.

Elle défilait pour de grands noms de la scène locale comme Madame Ngann, Jemann, … ou encore le designer français Paco Rabanne. À 23 ans, elle rencontre celui qui deviendra mon père, René Ngako. Très vite, ils deviennent amoureux et un an plus tard maman tombe enceinte de moi. Je ne sais pas si cette grossesse était prévue mais je sais que les deux étaient heureux de me voir arriver pour célébrer et sceller leur union. Je pense aussi que cette grossesse a été le début des problèmes pour elle. À ce moment, mon père ne voulait plus qu’elle défile. Elle ne devait plus être ci, ça ou être vu ailleurs que dans les lieux convenables. Elle devait être juste une « femme de » et rien d’autres. C’était mal connaître ma mère. (…) vous savez, nos familles africaines aiment beaucoup préserver leur intimité et elles ont bien raison ! Je ne pourrai en dire plus, aujourd’hui mais à travers ce court récit, je voulais dire merci à ma mère.

Merci maman de ne pas avoir eu peur de laisser une relation qui ne te convenait plus, d’avoir pris tes 2 enfants, ma sœur et moi, d’avoir eu une famille qui t’a soutenu, de ne pas avoir eu  peur de l’étiquette « échec », d’avoir décidé de vivre tes rêves et non de rêver ta vie.

C’est en échangeant avec ces 7 femmes (Alice Nkom, Marème Malong, Edith Tialeu Kadji, Nelly Wandji, Rokiatou Hampâté Bâ, Mireille Fomekong et Jacqueline Ngo Mpii que je me suis rendue compte que chacune me parlait, m’intriguait, m’inspirait car je voyais en elles, un peu de ma mère.  Ces interviews sont l’occasion de vous rappeler que nos premières inspirations sont souvent bien plus proches de nous que nous imaginons. Respect à tous celles qui croient, rêvent, osent et n’ont pas peur.

Il nous reste à peine la moitié de l’année pour dire OUI à la vie et ce qu’elle nous offre. Dire oui c’est avoir du courage. Dire oui c’est accepter le soleil. Dire oui, c’est choisir de vivre.

Je dédie ces lignes à ma feue grand-mère, Thècle Ngo Makon Ep. Logmo, ma mère, Leocadie Logmo Ducrot, Lisette Moume, ma tante, Marion Ngako, ma petite sœur et à vous qui avez pris la peine, de me lire.

D.A.N

 

Leave a Reply