Edith Tialeu, celle qui veut faire de Douala, une capitale créative.

By mai 16, 2019 Mes Rencontres

Edith Tialeu, celle qui veut faire de Douala, une capitale créative.

Dès le mois de mai, le géant Ikea présentera plusieurs produits issus de sa collaboration avec dix designers représentant sept pays africains. De Dakar à l’Afrique du sud en passant par Abidjan, le monde découvrira la créativité et la culture du plus vieux continent. En tant que camerounaise, j’étais un peu frustrée de ne pas voir, une fois de plus, mon pays sur la carte de la créativité.

 

Chaque fois que je voyage dans mon pays, je suis toujours fascinée par le talent des artistes, artisans, designers locaux. Leur créativité est, selon moi, sans limites. Pour mon premier article de l’année sur Instants Africains, j’ai souhaité aller à la rencontre d’Edith Tialeu, designer au Cameroun et fondatrice de la marque Frida.

 

Edith Tialeu est née en France et a grandi en région parisienne (Puteaux). Après une brillante carrière dans l’industrie de la mode (Chloe, Kenzo, APC, DIM ou encore MOA), elle a décidé de s’installer dans le pays d’origine de ses parents, le Cameroun. C’est en 2016 qu’elle prend un billet aller sans retour pour Douala, notre capitale économique. A la clé ? réaliser son rêve : créer une marque de design d’intérieur mêlant savoir-faire camerounais, africain et influences du monde. “Je n’ai pas l’impression d’être rentré à la maison car je ne suis jamais partie. Cependant, j’ai grandi dans un cercle familial où se mêlaient les deux cultures la camerounaise et la française. Les vacances, je les passais soit au Cameroun, soit en Côte d’Ivoire.  Je m’étais toujours dit qu’un jour j’irai vivre en Afrique. Je n’avais pas un agenda précis. Les choses se sont faites naturellement”, raconte l’entrepreneure.

Edith Tialeu, celle qui veut faire de Douala, une capitale créative.J’ai souhaité savoir si ses motivations étaient liées à la sécurité financière ou la qualité de vie. Ce sont deux facteurs qui reviennent souvent lorsqu’on échange entre “repats”. La question sécuritaire aussi.

 

“Ce n’était pas vraiment des facteurs importants pour moi. Je souhaitais tout simplement connaître et vivre ma culture camerounaise. J’étais déjà très en phase avec la française mais j’avais besoin de me rapprocher de la terre de mes ancêtres et construire mon rêve africain”, ajoute Edith Tialeu.

 

Pari tenu, Edith a sorti en septembre 2017 sa marque. Celle-ci est vendue sur internet, en France, à Los Angeles, au Ghana et prochainement, elle s’étendra au Canada, en Angleterre et d’autres pays du nord. Son équipe est en train de peaufiner encore les points de distribution.

 

Dans quelques jours, Frida sortira sa première collection de l’année 2019 “free your mind” (Cf les photos). La marque reste très à cheval sur la valorisation du “ Made in Cameroun“. “C’est l’ADN de Frida. Il est important de travailler avec les artisans et les matériaux locaux.  J’adore voyager dans les villes du pays avec pour unique but la découverte de nouveaux talents, savoir-faire. J’ai toujours entendu dire que le Cameroun est l’Afrique en miniature alors quoi de plus important que de préserver notre héritage et de le transmettre à la future génération ? “ dit-elle.

Je connais les challenges que peuvent rencontrer les entrepreneurs au Cameroun encore plus ceux qui s’y installent sans avoir expérimenté les rouages du système. “C’est clair! Le plus dur reste les ressources humaines.

Edith Tialeu, celle qui veut faire de Douala, une capitale créative.Mes artisans ont souvent une méthode de travail archaïque. L’autre vraie difficulté reste le manque de formation sur la gestion d’une entreprise. Il y a une différence entre ce qu’on apprend à l’école et sur le terrain. J’ai le sentiment que nous avons de formations techniques (gestion, marketing, fiscalité..) mais aussi personnelle (prise de décision, management, confiance en soi…). Il nous faut plus de personnes qui abordent ces sujets lorsqu’elles parlent de la question de retour sur le continent” appuie Edith Tialeu.

 

Cependant, elle reste motivée consciente que le monde a les yeux rivés sur le continent. D’Abidjan à Johannesburg en passant par Lagos, le dynamisme entre créatifs ne cesse de grandir entre les fashion weeks, les foires d’art… Nul doute que dans quelques années, Edith Tialeu réussira son second pari, faire de Douala, une capitale créative.

 

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